Présentation de l'Institution  
 
Qu'est ce que la noblesse ?
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Un souvenir historique ? Une situation juridique ? Une apparence mondaine ? Ou bien la noblesse se définie-t-elle, au-delà de toute argumentation sur la "forme", par une mission de "fond" qui lui est intrinsèque ? Pour "Saint Georges", c'est - bien évidemment - cette deuxième définition de la noblesse qui est retenue !
 
Si, depuis l'origine, diverses composantes sociales destinées à répondre aux nécessités temporelles ont vu le jour, leur pérennité a toujours été proportionnelle à l'utilité qu'en avait l'humanité. Ainsi, la noblesse, composante de la société humaine depuis la genèse et qui existait de façon immanente (bien avant que les monarques ne s'en arroge la reconnaissance et la codification), n'en a pas moins été balayée par le souffle de l'histoire dès que son utilité sociale a cessé d'être patente. Déjà au XVII° siècle, la littérature dénonçait l'effondrement des vertus nobiliaires au profit d'une usurpation purement individuelle de la noblesse réduite alors à une simple "image" valorisante (une "frime" dirait-on aujourd'hui). A cet égard la tirade de Dom Luis à son fils (Molière : "Dom Juan" acte IV, scène 4) est d'une cruelle actualité : "Ah ! Quelle bassesse est la vôtre ! Ne rougissez -vous point de mériter si peu votre naissance ? Êtes-vous en droit, dîtes-moi, d'en tirer quelque vanité ? Et qu'avez-vous fait dans le monde pour être gentilhomme ?
Croyez-vous qu'il suffise d'en porter le nom et les armes, et que ce nous soit une gloire d'être sorti d'un sang noble lorsque nous vivons en infâmes ? Non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas. Aussi nous n'avons part à la gloire de nos ancêtres qu'autant que nous nous efforçons de leur ressembler ; et cet éclat de leurs actions qu'ils répandent sur nous, nous impose un engagement de leur faire le même honneur, de suivre les pas qu'ils nous tracent, et de ne point dégénérer de leurs vertus, si nous voulons être estimés comme leurs véritables descendants. Ainsi vous descendez en vain des aïeux dont vous êtes né : ils vous désavouent pour leur sang, et tout ce qu'ils ont fait d'illustre ne vous donne aucun avantage ; au contraire, l'éclat n'en rejaillit sur vous qu'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions. Apprenez enfin qu'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature, que la vertu est le premier titre de noblesse, que je regarde bien moins au nom qu'on signe qu'aux actions qu'on fait et que je ferais plus d'état du fils d'un crocheteur qui serait honnête homme, que du fils d'un monarque qui vivrait comme vous."
 
Ou encore les lamentations de Dom Alvaros, chez le Sieur de Villiers, (Dorimon : "Le festin de Pierre ou le fils criminel", acte I, scène 4) :
 
"Hélas ! Que me sert-il d’avoir porté ma gloire ?
Aux oreilles des Rois, et jusque dans l’Histoire,
Si celui qui devait l’accroître et l’éclaircir
L’efface d’un seul trait et s’en va l’obscurcir ?
Las ! il n’est que trop vrai que les vertus des Pères
Ne sont pas aux enfants des biens héréditaires"
 
Plus que par le passé, de nos jours encore, la noblesse n'est moralement et socialement légitime que par ce qu'elle peut apporter à la société. Sa "survivance" est donc directement liée à la mobilisation de ses membres.
 
C'est à partir de cette évidence que "Saint Georges" veut oeuvrer !
 
Mais, dira-t-on, "quelle utilité pour la noblesse, tout particulièrement dans les états ou elle est  dépourvue de statut légal ?" Au moins en occident - ou la noblesse est consubstantielle du message Christique - l'existence ou pas d'un "statut légal" de la noblesse est un débat secondaire. Pour le catholique : au-dessus de tel ou tel système politique temporel (et donc forcément transitoire), se trouve l'Autorité Suprême et par extension celle de son Vicaire. Et tout au long du XX° siècle, le Saint Siège - de Benoît XV à Jean-Paul II - s'est adressé nommément et à maintes reprises à la noblesse, l'exhortant, plus que jamais, à être "le levain de l'humanité". Comment ne pas se remémorer ces mots que Pie XII, (pour ne citer que lui) adressait à la noblesse : "Restez ferme dans la tranchée, sur la première ligne de défense. Vos qualités particulières peuvent trouver là, encore aujourd'hui, leur meilleur emploi... Aujourd'hui, plus que jamais, vous êtes appelés à être une élite, non seulement par le sang et par le lignage mais encore plus par les sacrifices, par les réalisations créatrices au service de toute la communauté sociale. A ce devoir, personne ne peut se soustraire impunément. Ce n'est pas seulement un devoir de l'homme et du citoyen ; c'est encore un commandement sacré de la foi que vous avez héritée de vos pères et que vous devez, comme eux, laisser intacte et complète à vos descendants. Bannissez donc de vos rangs tout abattement et toute pusillanimité : tout abattement devant une évolution qui entraîne la disparition de beaucoup de choses édifiées en d'autres époques; toute pusillanimité, à la vue des graves événements qui accompagnent les nouveautés actuelles... Gardiens, ...  de la véritable tradition qui illustre vos familles, vous avez la mission et la gloire de contribuer au salut de la convivialité humaine, en la préservant soit de la stérilité à laquelle la condamneraient les contemplateurs mélancoliques trop jaloux du passé, soit de la catastrophe à laquelle l'achemineraient et la conduiraient des aventuriers téméraires ou les prophètes hallucinés d'un avenir fallacieux et mensonger....»
 
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